Annoncez franchement votre conclusion ou vos doutes

A

près une brève introduction factuelle (ce que vous ressentez), allez directement au but.

Annoncer une décision unilatérale

Il s’agit alors d’annoncer votre conclusion et de ne pas s’étendre. Exemple :

« Pour toutes ces raisons, j’ai pris la décision de nous séparer ».

Un autre ?

« Je ne peux pas me contenter de tes explications et j’ai demandé à un expert de faire toute la lumière sur les comptes. Je prendrai les décisions qui s’imposent ensuite ».

Annoncer des doutes

Les doutes sont différents et visent un autre type de solution : votre décision est temporaire et amenée à évoluer dans un sens ou dans l’autre.

Vous devez faire passer le message à la personne intéressée de ce doute, du temps que vous vous laissez pour parvenir à une solution différente et de ce qui vous fera prendre votre décision.

Ce dernier critère est important pour permettre à votre interlocuteur de comprendre si vous attendez quelque chose de lui, cas échéant quoi, ou au contraire si la décision dépend de facteurs qu’il ne peut pas influencer.

Vous éviterez, par exemple, un mari qui tente par tout moyen de vous reconquérir, alors que vous avez besoin de calme pour prendre votre décision. À l'inverse, vous aurez un retour si vous en attendez un.

L’absence de fioriture est essentielle

Vous annoncez une chose difficile. La réalité est brutale et rien ne vient l’atténuer ; des circonvolutions, des hésitations, des excuses ou des comparaisons avec des tiers sont hautement inopportunes.

Vous rajoutez à l’inconfort

Des hésitations ajoutent à l’inconfort du moment en vous rendant peu sûr(e) de vous, ce qui a un impact sur la force de votre décision.

Des excuses sont inopportunes à ce moment-là et elles peuvent être (très) mal vécues

Il est toujours possible de s’excuser - mais tous les moments ne sont pas appropriés. Celui de l’annonce l’est très rarement.

Le risque est grand de s’excuser en lieu et place d’être désolé, ce dernier étant parfaitement compréhensible.

Dans tous les cas, des excuses ne se justifient éventuellement qu’en cas de faute, laquelle doit avoir un lien direct avec l’annonce.

Si vous n’avez pas de faute à vous reprocher, dites simplement « je suis désolé(e) » si vous voulez absolument dire quelque chose en ce sens. Dites-le après le silence suivant l’annonce et non avant.

Gardez le silence après l’annonce

La tentation est grande de combler le silence. Ne le faites pas ou, du moins, pas de suite. Laissez un temps approprié - 30 vraies secondes, par exemple, pour laisser à la personne concernée le temps d’absorber une information importante, de regagner le contrôle de ses émotions et de vous répondre.

Si la personne ne rompt pas le silence, ne vous en offusquez pas et concluez rapidement, mais simplement, en indiquant quand vous donnerez des nouvelles, puis laissez la personne seule.

Gérez les objections

Certains réagiront par de l’incompréhension, de l’agressivité ou contesterons vos sentiments, d’où l’importance de rappeler que vous ne parlez que de votre ressenti. Par définition même, personne ne peux vous « voler » votre ressenti, que vous êtes seul(e) à percevoir.

Voici quelques échappatoires courants :

  • En cas d’incompréhension ou de contestation de vos sentiments : « en substance, tu me dis que [résumer ici son propos]. Je t’ai dis que je ressentais [l’émotion et les faits pertinents]. C’est ce que je ressens, c’est tout, et c’est aussi pour ça que je t’ai annoncé que [votre annonce]. ». S’il ou elle insiste, répondez simplement « j’entends que tu me redis que [résumer très brièvement le propos]. Je t’ai déjà répondu ».
  • En cas d’agressivité : « je ressens de l’agressivité de ta part. Je le regrette. Je t’ai expliqué pourquoi je te faisais cette annonce. ». Je vous propose de ne pas répondre à d’éventuelles menaces et de couper court en partant ; le fonctionnement est ici très individuel.

Dans les deux cas, expliquez quand vous redonnerez des nouvelles et partez rapidement.  

Ne cherchez pas à obtenir d’assentiment

Il est strictement inutile de chercher à ce stade à obtenir un assentiment sur votre constat. Il peut venir spontanément, ce qui est le cas si l’autre y pensait. Il peut également venir dans l’agression et la surenchère (« alors je demande le divorce tout de suite »).

Chercher l’assentiment ne laisse pas à l’autre le temps d’assimiler la nouvelle et de s’y projeter ; il ressentira être contraint de donner son avis ou ne donnera peut-être pas le fond de sa pensée.

Vous avez vous-même peut-être pris plusieurs mois avant de prendre cette décision. Il faut également laisser à votre interlocuteur, qui ne s’est peut-être pas projeté autant, un temps limité pour qu’il puisse prendre ses propres décisions.

Indiquez ce qui va se passer ensuite

Il est beaucoup plus simple d’informer de ce qui est prévu plutôt que de laisser votre interlocuteur dans l’expectative la plus totale.

De manière très générale, je vous invite à lire les chapitres ci-dessous avant l’annonce. Ils vous permettront de déterminer ce que vous souhaitez proposer au terme de l’annonce.

Vous pouvez le formuler simplement :

  • « Nous devons régler ce qui va se passer immédiatement. J’ai consulté un avocat pour avoir des premiers renseignements. Je te propose que nous nous y rendions ensemble pour en discuter, je te donnerai une date ».
  • « Mon avocat va t’envoyer des propositions de médiateur »

Il s’agit simplement pour lui ou elle de connaître la prochaine étape, rien de plus.

Après l’annonce, tenez informé en temps et en heure.